Lisbeth, retour vers la liberté

Publié le 13 Mars 2016

Elle est passée sans difficulté de sa cage à celle de contrainte qui s'ouvrira bientôt...
Elle est passée sans difficulté de sa cage à celle de contrainte qui s'ouvrira bientôt...

... la liberté ou la précarité ?

Samedi après-midi, il fait beau, le site où Lisbeth a été capturée dimanche 28 février est calme, le moment est venu de lui rendre sa liberté.

Si je me réjouis quand je capture un chat qui, après son passage chez notre vétérinaire, ne donnera plus naissance à des petits malheureux, j'ai toujours un petit pincement au cœur quand je vais le relâcher.

Liberté ? précarité ? Les deux ... qui s'occupera de lui s'il est blessé, malade, si ses dents le font souffrir ? Personne. Personne ne saura qu'il a besoin d'aide.

Notre association s'est fixée une règle : ne relâcher un chat que si quelqu'un s'est engagé à lui fournir un abri et à le nourrir. Certes nous ne savons pas toujours si ces promesses sont tenues.

Il arrive que nous soyons contactés par un Etablissement (école, maison de retraite, etc.) qui demande une intervention de capture sans retour d'une dizaine de chats, voire plus. Ce n'est pas notre activité, telle qu'elle est décrite dans notre objet.

La capture sans retour, c'est l'activité des sociétés commerciales spécialisées qui gèrent des fourrières. Certaines associations de protection animale gèrent des locaux à usage de refuge et d'autres à usage de fourrière. Ainsi, les animaux capturés dont on ne retrouve aucun propriétaire peuvent quitter la fourrière, après le délai légal, pour entrer dans la section refuge. Oui mais... ceci s'applique aux animaux familiers pour lesquels on peut espérer trouver des adoptants.

Mais les "sauvages" ? Lisbeth en avait visiblement assez de la cage, elle ne se contentait plus de grogner à notre approche, elle s'est mise à attaquer !

C'est la raison pour laquelle je l'ai reconduite là où je l'avais capturée. Elle y dispose de plusieurs abris, certains garnis de petit foin à lapin, d'autres contenant des gamelles de bonnes croquettes et des bols d'eau.

Quand, à l'abri des fourrés, j'ai ouvert sa cage, elle a filé comme l'éclair.

Comparée à l'activité de certaines associations, la nôtre fait pâle figure. Nous ne stérilisons pas chaque année des centaines de chats ! La première raison c'est que nous n'en avons pas les moyens financiers et pas, non plus, de personnes assez motivées sur le terrain. Personnellement je préfère faire peu mais dans de bonnes conditions.

Aujourd'hui se tient la réunion de l'Assemblée générale d'une association que nous connaissons bien. Sur le page Facebook d'une adhérente à cette association, j'ai lu cette inquiétude :

<<Aujourd'hui, Assemblée générale de (----)  avec renouvellement (ou pas) du bureau !
La trentaine de catous dont je m'occupe sera-t-elle toujours nourri ? Ou est-ce que ce sera comme de 2011 à 2014, c'est à dire que les chats libres coûtent trop chers donc plus d'aide pour les nourrir ?>>

Laisser à la garde d'une famille qui accepte d'abriter et de nourrir un ou deux chats "sauvages" dans son jardin, c'est une chose, laisser à la charge financière de bénévoles au grand cœur, plusieurs dizaines de chats, ce n'est pas notre façon de faire.

Oui mais... comment faire pour éviter les naissances de centaines, voire de milliers de chatons condamnés à une vie de misère ?

Je n'ai pas la réponse. Je ne sais pas toujours trouver les bons arguments pour convaincre les propriétaires de chats de faire stériliser leurs animaux. C'est pourtant la seule solution.

Lisbeth est bien malheureuse en captivité, il aurait été cruel de la prolonger.

Lisbeth est bien malheureuse en captivité, il aurait été cruel de la prolonger.

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Jean-Marc 13/03/2016 09:06

Bonjour Monique. Vous devez vous douter de cette réponse. Comme nous vous comprenons, comme nous avons les mêmes états d'âme. Comme vous, pas de stérilisations en masse, mais essayer de "faire ce qu'on peut" avec nos moyens. Et toujours le dilemme : tenter de trouver où se situe le bonheur de l'animal malgré nos propres interrogations et doutes. Et surtout faire tout ce que l'on peut pour ceux déjà présents avec les soins et la nourriture.
Notre trésorière, Laura croule sous les appels au secours divers, et elle est impuissante à répondre. Pour dix appels parfois une solution, mais combien de crève coeurs.
La seule ligne, continuer comme vous le faites, le mieux possible avec ses moyens en se disant qu'au moins on fait quelque chose et on se bouge ...
Bon Dimanche et bon courage.